Le « décret 3R » qui fixe des objectifs de réduction, réemploi et recyclage des emballages plastique à usage unique vient de passer sa phase de consultation publique. Si le texte n’a pas sa version définitive on peut toutefois en donner les grandes lignes.

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On prévoyait un décret 3R qui orientait vers le tout recyclable en 2025 ; ce n’est pas exactement cela. Voici les points clefs qui n’étaient pas attendus :

  • Le décret fixe une réduction de 20% des emballages plastique dont au moins la moitié par le réemploi. Ce qu’il faut traduire comme un objectif minimal de 10% de réemploi ou de réutilisation pour 2025 met la filière en marche vers les objectifs de 2040 déjà annoncés clairement dans la loi AGEC, avec la suppression totale de l’usage unique à cette date.

 

  • Le pourcentage de réduction ne s’entend pas en masse mais en nombre d’unités de vente ; ceci signifie que ce n’est pas la réduction de quantité de plastique par emballage qui est attendue, mais la limitation du recours aux emballages plastique à usage unique. En clair les démarches d’écoconception de limitation du poids des emballages (notamment pas le passage de l’emballage rigide à l’emballage souple) n’ont pas été considérées comme répondant à tous les enjeux environnementaux ; ces démarches ne sont pas découragées mais elles ne rentrent pas dans les 3 enjeux prioritaires du texte. Alors comment s’entendront les 10% de réduction hors réemploi ? Il s’agira de recourir davantage au vrac, aux emballages verre et métal, ou bien aux emballages papier carton.

 

  • Le « troisième R » qui concerne le recyclage est à la fois moins ambitieux mais in fine beaucoup plus exigeant qu’attendu. Moins ambitieux, parce qu’il ne s’agit que de tendre vers 100% de recyclage, mais également parce que la voie « emballage à usage unique recyclé » est le numéro 3 des priorités énumérées à dessein dans cet ordre dans le texte. Plus exigeant, car la recyclabilité s’entend par la valorisation effective dans une filière de recyclage en place. Autrement dit, un thermoplastique dont les caractéristiques physiques permettent d’envisager des mises en formes successives dans des procédés de plasturgie est théoriquement recyclable, du point de vue de ses propriétés, mais il ne l’est pas dans le sens du décret. Ainsi la filière ne va pas uniquement être soumise à des enjeux d’adaptation des emballages par la séparabilité de leurs composants ou la limitation de l’usage des multimatériaux ; l’enjeu va également être de supprimer certaines références de matériaux dont le volume n’atteint pas une valeur critique permettant d’organiser une filière de recyclage dédiée ou qui ne sont pas compatibles avec des voies de recyclage alternatives telles que le recyclage chimique