Réemployabilité

Le réemploi et le réusage des emballages comportent des éléments de cahier des charges communs : les matériaux et objets doivent résister à différents cycles d’utilisation susceptibles de comporter des successions et combinaisons de contraintes thermiques, mécaniques, et de contact avec des produits (contenu) et de détergents, voire de traitements physiques (opérations de nettoyage  désinfection). 

Le réemploi des emballages implique différents cycles d’utilisation par le consommateur et dans l’industrie. Cela entraine une succession de perte de traçabilité à chaque phase d’utilisation par le consommateur. A chaque phase d’utilisation « domestique » l’emballage peut être en contact avec un produit alimentaire dégradé ou faire l’objet d’utilisations inappropriées (contact avec des produits chimiques, utilisation à des températures inadaptées…). Les emballages sont constitués de composants polymères (joints, bouchons, vernis, plastiques, traitements de surfaces) qui sont susceptibles d’absorber des contaminants au cours de la phase d’utilisation domestique, et ceci peut engendrer, si ces composants ne sont pas éliminés au cours des opérations de nettoyage, une re libération de ces substances dans les produits au contact au cours des utilisations ultérieures. 

Nous avons tous fait l’expérience du « goût d’orange » d’une eau contenue dans une bouteille, lavée, ayant initialement contenu un jus. Si dans cet exemple le phénomène est anodin quant aux substances impliquées et à l’usage domestique dont il relève, il n’en est pas de même pour le réemploi industriel d’un emballage où la responsabilité du metteur sur le marché est engagée. 

A date aucun référentiel n’existe pour qualifier la « réemployabilité » d’un emballage. Les solutions technologiques à sélectionner ou inventer impliquent l’usage de matériaux à haute propriété barrière (qui absorberont peu ou pas les contaminants), la mise au point de technologies de détection des situations de mésusage (e.g. nez électroniques) qui permettront d’écarter les emballages « suspects », et le développement de technologies de nettoyage -désinfection appropriées à tous les types de matériaux. 

Le réemploi étant possiblement associé à un nombre de cycles d’utilisation élevé, il est possible d’envisager des technologies à la fois efficientes et viables du point de vue économique.

Le CTCPA travaille la mise au point de tests originaux permettant la qualification de la réemployabilité, et est associé au centre technique IPC pour la mise au point de solutions technologiques dans le cadre de la plateforme DIS30 (plasturgie durable et sûre). Par ailleurs le Pôle CTCPA Nantes appréhende le nettoyage désinfection (pollution microbiologique) des surfaces au contact des aliments.


Contacts : Manon Boulven (pollution chimique) mboulven@ctcpa.org &  Catherine Stride (pollution microbiologique) cstride@ctcpa.org

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