Lieu d’expertise, d’analyse emballage, et d’accompagnement R&D des fabricants et utilisateurs d’emballage, notre site de Bourg-en-Bresse est un observatoire des grandes tendances et attentes des entreprises ; si jusqu’en 2019 la mobilisation des entreprises était très composite sur des sujets divers d’optimisation de performance, réduction des épaisseurs, maîtrise des défauts, recherche de praticité, la R&D emballage a pris ensuite successivement trois tournants majeurs :

– 2019, l’année de prise de conscience des objectifs de recyclage 2025 (qui allaient être ensuite retranscrits sans ambiguïté dans le cadre de la loi AGEC).
Fabricants et utilisateurs d’emballage démarrent de nombreux travaux visant à la conception de matériaux multicomposants, mais générant en recyclage mécanique des pseudomonomatériaux ; dans le domaine du film par exemple la réalisation de structures tout polyester concurrence l’émergence de films barrières rigides tout polyoléfines.

– 2020, l’année qui précède le décret 3R et qui suit les disposition de limitation des plastiques dans les cantines. Le « plastique » dont la définition n’est pas encore stabilisée, commence à être évité par les entreprises qui recherchent des solutions avec l’utilisation de plastiques biodégradables ou et d’origine végétale, où développent des packs à structure papier carton laminés plastiques. La stabilisation de la définition des plastiques avec les guidelines de la directive SUP va rapidement stabiliser ce rush vers les bioplastiques et les papiers cartons plastifiés : si ces matériaux ont des vertus, il n’en demeure pas moins qu’ils entrent pleinement dans la définition des « plastiques », et par là même, se retrouvent directement concernés par les objectifs 3R du décret français

-2021 – le décret 3R entre en application, et attire les entreprises vers de nouveaux sujets de développement, sur les papiers fonctionnalisés (non plastiques), et (surtout) sur le développement du réemploi. Cette mobilisation sur des sujets long terme a surpris la profession, qui s’attendait dans un premier temps à un focus sur les objectifs 2025 de recyclage. En réalité une partie des end users considèrent qu’ils n’ont pas à être moteurs sur les efforts d’amélioration de la recyclabilité d’emballage existants. Mobilisés sur les nouveaux sujets ils attendent une adaptation rapide de la filière des emballages plastique et des filières de recyclage qui leur sont associées ; une mobilisation à deux vitesses en quelque sorte avec une filière de la plasturgie très mobilisée sur le court terme et des end users déjà en route sur les solutions alternatives à l’horizon 2030 2040.

Contact : Annie Perrin – Responsable unité Physico-chimie – aperrin@ctcpa.org